Les lieux précédents

Le 40 Chapelle

ja chapelleEn mars 2009, nous étions cinq artistes précaires, dont trois anciens du célèbre 59 Rivoli.  Poussés par nos recherches d’espace,  nous décidons de regarder par là-bas, au 40, rue de la Chapelle, si lumière il y a.

En cœur d’îlot, un jardin aussi grand que secret, et deux maisons, aussi vides l’une que l’autre, orphelines.

A l’est du 18eme, cette parcelle végétale est à l’origine le timbre poste qui subsiste de nos anciens vergers faubouriens, qui bordaient tout le Nord Est de Paris pour nourrir les citadins. Le verger est ensuite devenu jardin d’agrément, orné d’arbustes et de fleurs. C’est ainsi que nous le trouvons, les hautes herbes et les ronces en plus. Les deux maisons témoignent de l’époque pré-haussmannienne de la fin 19eme, et les bâtiments attenants racontent chacun un bout d’ histoire ! Un corps de ferme en pierre de taille, un garage industriel en brique rouge, des toits en zinc, des anciennes écuries en bois, même une cave à vin datant du haut Moyen Age. Et encore la cour pavée, les immeubles haussmanniens sur la rue, les répliques des années 50 et bien sûr au loin, les tours de la Porte de la Chapelle, qui brillent la nuit.

Au 40 rue de la Chapelle, il n’y a plus de lumière depuis quatre ans déjà. Le site vient d’être acquis par Paris-Habitat en 2007, après avoir appartenu pendant plusieurs décennies à  madame Alice Blanc décédée en 2005. Légende quasi-centenaire du quartier, Alice repose aujourd’hui en paix et nous lui rendons hommage tous les jours depuis notre arrivée.

Nous avons rénové les deux maisons, entièrement réinstallé  l’ électricité aux normes, et optimisé chaque espace pour des activités collectives et/ou artistiques diverses.

Dès les premiers mois de notre occupation, le jardin est devenu un espace ouvert au public. Après avoir été le « closus  hortus » exclusif de Madame Alice, les 800 m2 de verdure se sont petit à petit installés dans le quotidien du quartier. Les voisins  apprennent qu’il ont un bout de campagne en plus à côté de chez eux.

La transition – dossier – négociation

Ce bout de campagne est destiné à un autre dessein. Si Paris Habitat a racheté cet ilot, ce n’est pas pour conserver les roses centenaires, le patrimoine historique de cette vieille maison de la Résistance ou accompagner une dynamique artistique, c’est pour palier à la pénurie de logement à Paris. En juillet 2013, nous recevons notre préavis de départ, on doit quitter les lieux sous 3 mois, les négociations avec Paris Habitat et la Ville de Paris débutent. Nous effectuons une demande de relogement du collectif à la C.A.L.A.S (Commission d’Attribution des Locaux Associatifs).

La procédure est lancée : attente hivernale au coin du feu, parce que nous devions rendre les clés en octobre, les ateliers sont dans les cartons, la chaudière est vide. C’est long, nous nous ennuyons, nous attendons ! On nous promet de ne pas nous virer tant qu’une solution n’a pas été trouvée, la solution nous l’avons si on nous propose rien, nous ouvrirons !

Finalement, nous passons l’hiver à la Chapelle, le carnet d’adresse se remplit, le printemps arrive, le vent de l’ouverture aussi, mais comme par miracle, sortie de son chapeau l’Hotel de Ville nous propose de visiter l’ancienne caserne de Reuilly.

Nous visitons, avons quelques hésitations, le projet est énorme, loin de notre petit écrin collectif de la Chapelle. Finalement, le 1er avril, nous signons une nouvelle convention.

Même bailleur, même mariage ?

La Caserne de Reuilly

Le départ

Munis de petits pompons jaunes dans les mains et cheveux, nous croisons émus les soldats de Paris Habitat qui défilent parpaings sur l’épaule. Comme des petits cercueils, les hommes posent leurs fardeaux les uns sur les autres au pied de chacune des fenêtres de la belle maison. 5 ans de souvenirs collectifs, artistiques, partagés vont être enfermés entre ces murs avant destruction totale. Tristesse d’une ville carte postale qui ne protège pas son patrimoine invisible.

Pour nous, l’histoire se poursuit ailleurs ! Plein comme un oeuf, chats affolés, arbre déraciné sur le toit, une nouvelle aventure démarre au vrombissement du camion.

Blabla, papier, signatures …

La levée de poisson

Première action du collectif, levée de poisson, pirate embarqué au mas de la caserne. La lumière s’allume au coeur du poisson rouge, nous embarquons pour une nouvelle aventure.

Les travaux

IMG_2498IMG_2548Depuis le 1er avril, chantiers, travaux, gravas, peintures … C’est long parce que c’est grand et qu’il y a du taffff mais l’excitation réveille tout le monde et le lieu prend forme petit à petit.

IMG_3432

L’ouverture au public

Let’s motiv des JArtistes : être ouvert pour la clôture du FOU (Festival des Ouvertures Utiles), les 7 et 8 juin 2014. Pari tenu avec la montée de l’enseigne ! On y est !

enseigne